Sons da Escrita 004

9 de Abril de 2005

Primeiro programa do ciclo Léo Ferré

Compasso a compasso, palavra a palavra, alinham-se, rigorosos, os sons da escrita.

Quando um homem interroga a água pura dos sentidos e ousa caminhar, serenamente, os esquecidos atalhos de todas as memórias, acontecem viagens — viagens entre o quase tudo e o quase nada.

Então, da raíz dos nervos da memória surge a planta de uma vida escutada no silêncio dos sons da escrita.

Sons da Escrita – à volta de uma ideia de José-António Moreira.


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Léo Ferré

Texto 1 (Léo Ferré)

Tenho em casa, em cima do piano, um relógio de areia do século XV.
De vez em quando, viro-o e fico-me a ver a areia a cair…


Salvé, Música!
Salvé, vocês todos!

Salvé… Portugal, como uma música de partida para lá, lá onde as estrelas se põem a interrogar-se sobre a nossa vida profunda, quando ela, a nossa vida, é uma simples questão de biologia…

Olá Portugal! Olá Portugueses meus amigos,

aqui estou eu para lhes dizer que os amo e que nunca encontrei, sob os projectores, compreensão e afeição maiores… Tenho a impressão que nos conhecemos há cem mil anos…
O tempo… é como uma página que parece branca… o tempo, para mim, é o Amor vermelho e negro… igual a uma página da minha música.


Préface (Léo Ferré)

La poésie contemporaine ne chante plus... Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction...
Elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du Codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète d'aujourd'hui doit appartenir à une caste, à un parti ou au Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est un signe des temps. De notre temps.
Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires sont encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul,
Accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok.
Rutebeuf avait faim.
Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout...
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie
La Lumière ne se fait que sur les tombes...
Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la formule.
Tout est prêt:
Les capitaux
La publicité
La clientèle.
Qui donc inventera le désespoir ?

Avec nos avions qui dament le pion au soleil,
Avec nos magnétophones qui se souviennent de "ces voix qui se sont tues",
Avec nos âmes en rade au milieu des rues,
Nous sommes au bord du vide,
Ficelés dans nos paquets de viande,
A regarder passer les révolutions

N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
C'est que c'est toujours la Morale des autres.

Les plus beaux chants sont les chants de revendications
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

A l’école de la poésie et de la musique on n’apprend pas
On se bat!


Léo Ferré

Texto 2 (Léo Ferré)

Uma página nunca está em branco; há sempre nela a imponderável marca dos farrapeiros ou daquele bosque, além, que se cria perdido para sempre e para sempre investido pelo terror das aves nocturnas, pássaros do tamanho de homens, eles também, que buscam, na floresta, algo que alimente a curiosidade dos imbecis ou a casta inteligência dos ratos de biblioteca, ou dos empresários de notícias do nosso dia-a-dia, de um passado próximo, que amanhã de manhã será lido nas ruas de Nova York ou nos caixotes do lixo da irrisão, da decadência universitária, do encanto, enfim, quando esse encanto se multiplica por 50, 100, 200 páginas de um magazine à cata de conhecimentos…

Para lermos nas entrelinhas, é preciso haver linhas… Para lermos entre-olhos, é preciso haver vontade de nos deixarmos ler também. E para ler a bruma, há que avançar devagar para esse húmido desespero que eloquentemente se limpa no próximo posto… de gasolina. “Veja lá: está bem assim? E o óleo?…” até que chega o momento de nos perdermos no rasto de um silêncio povoado: estou sozinho, eu, e vou atrás da minha solidão. Mais não sou do que um Anjo a cavalo nos cavalos do meu carro… do teu carro…

Esta página do caminho é uma página habitada pelo inútil, pelo fantástico, pelo amor, pelo desastre do pensamento evolutivo.


La solitude (Léo Ferré)

Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre solitude.
Je m'invente aujourd'hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous.
J'attends des mutants. Biologiquement je m'arrange avec l'idée que je me fais de la biologie: je pisse, j'éjacule, je pleure. Il est de toute première instance que nous façonnions nos idées comme s'il s'agissait d'objets manufacturés.
Je suis prêt à vous procurer les moules. Mais...

La solitude...

Les moules sont d'une texture nouvelle, je vous avertis.
Ils ont été coulés demain matin. Si vous n'avez pas dès ce jour, le sentiment relatif de votre durée, il est inutile de regarder devant vous car devant c'est derrière, la nuit c'est le jour. Et...

La solitude...

Il est de toute première instance que les laveries automatiques, au coin des rues, soient aussi imperturbables que les feux d'arrêt ou de voie libre. Les flics du détersif vous indiqueront la case où il vous sera loisible de laver ce que vous croyez être votre conscience et qui n'est qu'une dépendance de l'ordinateur neurophile qui vous sert de cerveau. Et pourtant...

La solitude...

Le désespoir est une forme supérieure de la critique. Pour le moment, nous l'appellerons "bonheur", les mots que vous employez n'étant plus "les mots" mais une sorte de conduit à travers lesquels les analphabètes se font bonne conscience. Mais...

La solitude...

Le Code civil nous en parlerons plus tard. Pour le moment, je voudrais codifier l'incodifiable. Je voudrais mesurer vos danaïdes démocraties.
Je voudrais m'insérer dans le vide absolu et devenir le non-dit, le non-avenu, le non-vierge par manque de lucidité. La lucidité se tient dans mon froc.


Léo Ferré

Texto 3 (Léo Ferré)

Nada, nada há que se desfaça, se nada houver a desfazer, e contudo… Sei de engarrafamentos em que a lei do número leva a melhor ao tempo. Se contares as paragens declinando esse verbo fraterno e ansioso que se chama “viajar”, ficarás sem saber nada do teu destino de viajante. A imaginação levar-te-á longe, se tu quiseres, mas depois vais à deriva, mesmo sem quereres, já não podes parar, porque o imaginário não tem vontade. É isso que provoca aquela vibração — ou algo semelhante — dos insectos desconhecidos que a gente afasta com uma sapatada. Quando se pára, a página de súbito enegrece, sem que a máquina jamais se ponha a andar!
O sonho é a música sobre a página branca… ou que branca parece. Porque, no fundo, a página é sempre negra, desse negrume dos cisnes, à noite, quando a gente, de repente, se lembra que não está neste mundo. As pautas, nesta folha de papel, estão cheias de sinfonias “simpáticas”… A Música maior nunca ninguém a lerá, nunca ninguém a ouvirá. Geme, algures, numa foresta mal aprendida.


La vie d’artist (Francis Claude/Léo Ferré)

Je t'ai rencontrée par hasard,
Ici, ailleurs ou autre part,
Il se peut que tu t'en souviennes.
Sans se connaître on s'est aimés,
Et même si ce n'est pas vrai,
Il faut croire à l'histoire ancienne.
Je t'ai donné ce que j'avais
De quoi chanter, de quoi rêver.
Et tu croyais en ma bohème,
Mais, si tu pensais à vingt ans
Qu'on peut vivre de l'air du temps,
Ton point de vue n'est plus le même.

Cette fameuse fin du mois
Qui depuis qu'on est toi et moi,
Nous revient sept fois par semaine
Et nos soirées sans cinéma,
Et mon succès qui ne vient pas,
Et notre pitance incertaine.
Tu vois je n'ai rien oublié
Dans ce bilan triste à pleurer
Qui constate notre faillite.
Il te reste encore de beaux jours
Profites-en mon pauvre amour,
Les belles années passent vite.

Et maintenant tu vas partir,
Tous les deux nous allons vieillir
Chacun pour soi, comme c'est triste.
Tu peux remporter le phono,
Moi je conserve le piano,
Je continue ma vie d'artiste.
Plus tard sans trop savoir pourquoi
Un étranger, un maladroit,
Lisant mon nom sur une affiche
Te parlera de mes succès,
Mais un peu triste toi qui sais
Tu lui diras "que je m'en fiche...
Que je m'en fiche...


Criar é um prazer solitário, verdadeira solidão. A música é uma longa paciência, uma espécie de palavras cruzadas…


Música:

Genérico
Davy Spillane (abertura e fecho), Beatles (Fecho)

Fundos
Jerry Goodman

Ligações
Léo Ferré

Textos:
Léo Ferré

Edição e voz:
José-António Moreira


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And in the end

the love you'll take

is equal to the love you make

© José-António Moreira 2012