Sons da Escrita 005

16 de Abril de 2005

Segundo programa do ciclo Léo Ferré

Compasso a compasso, palavra a palavra, alinham-se, rigorosos, os sons da escrita.

Quando um homem interroga a água pura dos sentidos e ousa caminhar, serenamente, os esquecidos atalhos de todas as memórias, acontecem viagens — viagens entre o quase tudo e o quase nada.

Então, da raíz dos nervos da memória surge a planta de uma vida escutada no silêncio dos sons da escrita.

Sons da Escrita – à volta de uma ideia de José-António Moreira.


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Léo Ferré

Texto 4 (Léo Ferré)

Toda a poesia que apenas se destina a ser lida e fechada nos seus caracteres é uma poesia incompleta. Só as cordas vocais lhe dão o sexo, como o arco ao violino, tocando-o!


Se aí me aparecesse alguém de um outro planeta, com cabelo, com olhos e mãos, mas sem cu, eu podia explicar-lhe tudo: o vinho, a direita e a esquerda…, mas não este eterno segundo, sempre a recomeçar e de que nunca nos cansamos.

O amor é um dos aspectos que a divindade assume… tal como a música!

Pode explicar-se o que é um cigarro, não se pode explicar o prelúdio de Tristão ou a morte de Isolda, porque a música e o amor são inenarráveis. Felizmente, aliás!


Ton style (Léo Ferré)

Tous ces cris de la rue ces mecs ces magasins
Où je te vois dans les rayons comme une offense
Aux bijoux de trois sous aux lingeries de rien
Ces ombres dans les yeux des femmes quand tu passes
Tous ces bruits tous ces chants et ces parfums passants
Quand tu t'y mets dedans ou quand je t'y exile
Pour t'aimer de plus loin comme ça en passant
Tous ces trucs un peu dingues tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ma loi quand tu t'y plies salope!
C'est mon sang à ta plaie c'est ton feu à mes clopes
C'est l'amour à genoux et qui n'en finit plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

Tous ces ports de la nuit ce môme qu'on voudrait bien
Et puis qu'on ne veut plus dès que tu me fais signe
Au coin d'une réplique enfoncée dans ton bien
Par le sang de ma grappe et le vin de ta vigne
Tout cela se mêlant en mémoire de nous
Dans ces mondes perdus de l'an quatre-vingt mille
Quand nous n'y serons plus et quand nous renaîtrons
Tous ces trucs un peu fous tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ton droit quand j'ai droit à ton style
C'est ce jeu de l'enfer de face et puis de pile
C'est l'amour qui se tait quand tu ne chantes plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
A tant vouloir connaître on ne connaît plus rien

Ce qui me plaît chez toi c'est ce que j'imagine
A la pointe d'un geste au secours de ma main
A ta bouche inventée au-delà de l'indigne
Dans ces rues de la nuit avec mes yeux masqués
Quand tu ne reconnais de moi qu'un certain style
Quand je fais de moi-même un autre imaginé
Tous ces trucs imprudents tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ta loi quand je m'y plie salope!
C'est ta plaie c'est mon sang c'est ma cendre à tes clopes
Quand la nuit a jeté ses feux et qu'elle meurt
Ton style c'est ton coeur c'est ton coeur c'est ton coeur


Léo Ferré

Texto 5 (Léo Ferré)

O anarquismo é a formulação política desesperada da anarquia. A anarquia é a crítica desesperada, o desespero da solidão, a Solidão.

Há duas espécies de liberdade: a que é medida pela sociedade e a outra, a que existe ou não existe, mas que temos de assimilar à Felicidade. Não nos é servida de bandeja: “Meu caro senhor, aqui tem a liberdade, aqui tem a felicidade!”

Eu sou um tipo com sorte: é-me fácil ser livre e por isso não me sinto muito no direito de falar desta liberdade.

Sinto-me interiormente livre, na medida em que os meus neurónios estão afinados, em que o meu sistema funciona bem…

Em 1968 tirei a canção “Les anarchistes” dos concertos. Era uma canção fundamental, mas não me apetecia transformá-la em hino… Não gosto de bandeiras, mesmo negras. A bandeira preta é uma bandeira bonita, mas não deixa de ser uma bandeira!

A anarquia é a negação de toda e qualquer autoridade, venha ela de onde vier. Em boa verdade, estamos sempre sujeitos à autoridade, até mesmo ao atravessar a rua ou ao estacionar o carro…

Já conheci um anarquista a sério: vivia no campo com um cão e não convivia com ninguém!

Não gosto da palavra anarquismo precisamente porque os anarquistas espanhóis recusaram o termo quando recusaram o poder, numa altura em que o podiam ter agarrado, e isso porque não aceitavam um poder que rejeitavam.


Les anarchistes (Léo Ferré)

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes

Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuvent gueuler encore
Ils ont le coeur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux
Les anarchistes

Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi?
Avec l'amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l'air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu'ils peuvent frapper encore

Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s'il faut commencer par les coups de pied au cul
Faudrait pas oublier que ça descend dans la rue
Les anarchistes

Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier

Qu'y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et qu'ils se tiennent bien le bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout
Les anarchistes


Léo Ferré

Animais (Léo Ferré)

Comove-me profundamente a solidão dos animais.

Uma vez, na Itália, chorei ao ver um cavalo a comer aveia de uma saca. Chorei pelo cavalo, porque senti a terrível solidão da criatura: um cavalo está sempre só, sempre, mesmo se estiver no meio de uma multidão.

Os homens que nos são impostos, que são também animais (bípedes!) levam-nos boa parte do tempo. Onde é que nos fica tempo para sermos poetas? O poeta é um imbecil, etimologicamente.

Um dia em que tinha ido aos Campos Elíseos, a uma editora a que tinha vendido umas canções, entre elas “Vitrines”, por quarenta mil francos antigos, vi Arkel. Numa vitrina, exactamente! Um animal grandiloquente, extraordinário!

Um São Bernardo numa vitrina dos Campos Elíseos, é digno de se ver, quando se sabe olhar para os Campos Elíseos e, sobretudo para os São Bernardos das montras!… Custava um pouco mais de quarenta mil francos, a quantia que tinha recebido, e mandei logo alguém a casa de um amigo veterinário, pedir emprestados os dez mil ou quinze mil francos que me faltavam.


Péppée (Francis Claude/Léo Ferré)

T'avais les mains comme des raquettes, Pépée
Et quand je te faisais les ongles
Je voyais des fleurs dans ta barbiche
T'avais les oreilles de Gainsbourg
Mais toi t'avais pas besoin de scotch
Pour les replier la nuit
Tandis que lui... ben oui!
Pépée

T'avais les yeux comme des lucarnes, Pépée
Comme on en voit dans le port d'Anvers
Quand les matins ont l'âme verte
Et qu'il leur faut des yeux de rechange
Pour regarder la nuit des autres
Comme on regardait un chimpanzé
Chez les Ferré
Pépée

T'avais le coeur comme un tambour, Pépée
De ceux qu'on voile le vendredi saint
Vers les trois heures après midi
Pour regarder Jésus-machin
Souffler sur ses trente-trois bougies
Tandis que toi t'en avais qu'huit
Le sept avril
De soixante-huit
Pépée

Je voudrais avoir les mains de la mort, Pépée
Et puis les yeux et puis le coeur
Et m'en venir coucher chez toi
Ça changerait rien à mon décor
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
Pépée


A poesia não se faz com panfletos. Faz-se com as goelas bem abertas e com os verbos habituais, de preferência activos.


Música:

Genérico
Davy Spillane (abertura e fecho), Beatles (Fecho)

Fundos
Yanni

Ligações
Léo Ferré

Textos:
Léo Ferré

Edição e voz:
José-António Moreira


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And in the end

the love you'll take

is equal to the love you make

© José-António Moreira 2012