Sons da Escrita 006

23 de Abril de 2005

Terceiro programa do ciclo Léo Ferré

Compasso a compasso, palavra a palavra, alinham-se, rigorosos, os sons da escrita.

Quando um homem interroga a água pura dos sentidos e ousa caminhar, serenamente, os esquecidos atalhos de todas as memórias, acontecem viagens — viagens entre o quase tudo e o quase nada.

Então, da raíz dos nervos da memória surge a planta de uma vida escutada no silêncio dos sons da escrita.

Sons da Escrita – à volta de uma ideia de José-António Moreira.


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José-António Moreira

O tempo (José-António Moreira)

Quando vejo a Loucura já nem reparo nela — faço-lhe os recados e durmo com ela! (Léo Ferré)


É o tempo que segrega os nossos pequenos problemas!
— Mas tem que ser já!
— Tens que ter paciência, será mais tarde!
— Demoras muito?
— Vou já!
— Então?!
— Então, o quê? Já vou!

É o tempo que segrega as nossas maiores angústias!
— Por quanto tempo?
— Todo o tempo que quiseres!
— Para sempre
— Sim, para sempre!
— Mentira!
— É verdade, mas, para sempre é um lugar solitário!

O tempo é, simplesmente, a diferença que separa os deuses dos homens! Que preocupações para um deus, se é imortal? Que projectos, que esperança se tenho a certeza da morte?
— Já viste estas rugas que me estão a aparecer aqui, junto aos olhos?!
— Sim, já vi e… sabes que te ficam tão bem…
— Mentiroso!
— Não!, gosto de ti fora de qualquer tempo!


Avec le temps (Léo Ferré)

Avec le temps... Avec le temps va tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur quand ça bat plus s'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin faut laisser faire et c'est très bien

Avec le temps... Avec le temps va tout s'en va
L'autre qu'on adorait qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps... Avec le temps va tout s'en va
Même les plus chouettes souvenirs ça t'as une de ces gueules
A la Galerie Farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule

Avec le temps... Avec le temps va tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on se traînait comme traînent les chiens
Avec le temps va tout va bien

Avec le temps... Avec le temps va tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard surtout ne prends pas froid

Avec le temps... Avec le temps va tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment
Avec le temps on n'aime plus...


Léo Ferré

Loucura (Léo Ferré)

Eu tenho grande atenção pelos loucos, pelos verdadeiros loucos, tal como pelos animais. Um louco é assim… como uma criança. É a anti-razão, portanto, uma coisa idêntica à razão.
Ou, pelo menos, — digamos — loucura e razão andam a par: a razão é o desejo supremo de não ser louco; quanto à loucura, a razão não sabe o que seja. Os loucos não sabem que são loucos.

Conheço tão bem a loucura que não preciso de parar quando a encontro: não preciso de parar, porque a vejo a todo o instante, faço as compras e durmo com ela.
Mas, no final da canção, perco a loucura conhecida, classificada, definida, para me ficar com a minha própria loucura, que é incomunicável — “sozinho com os meus olhos de louco”; a cadeira de Van Gogh, onde tu não repousas; os sapatos de Vincent, que tu não calças; a orelha desse tipo que já não te ouve; os corvos na seara da tela que falta; os passos da garota numa Fac de inferno — o sexo, a virtude, a pílula, o medo —, quando a vertigem a enche e a ultrapassa sob o olhar duplo de um espelho de passe, é nessa altura que eu perco a Loucura e fico sozinho com o meu olhar de louco…


La folie (Léo Ferré)

La chaise de Van Gogh où tu ne t'assieds pas
Les souliers de Vincent que tu ne chausses pas
L'oreille de ce mec qui ne t'écoute plus
Ces corbeaux dans le blé d'une toile perdue

Je ne m'arrête plus quand je vois la Folie
Je fais ses commissions et couche dans son lit
Les larmes de cet arbre inquiet dans la forêt
La chaise de Vincent de quel bois elle était?

Les moutons de la rue se cachent en cache-nez
Les ouvriers changent de disque sans débrayer
Je ne m'arrête plus quand je vois la Folie
Je fais ses commissions et couche dans son lit

Les pas de cette enfant dans l'enfer de la Fac
Son sexe sa vertu sa pilule et son trac
Quand le vertige la pénètre et la dépasse
Sous l'oeil double et glacé d'un vieux miroir de passe

C'est à ce moment-là que je perd la Folie
Et que je reste seul avec mes yeux de fou...


Léo Ferré

A morte (Léo Ferré)

Não sei como será a minha morte… Acidental? No termo de uma doença prolongada?
Deve ser terrível saber e vê-la chegar, lenta e inexorável, conhecendo esse inexorável.

Costumo dizer que a morte suscita em mim a ideia de um espectáculo a que desejaria assistir, porque me diz respeito.
Por outro lado, penso — e não posso explicar melhor, porque é uma enormidade — que não vou morrer. Posso conceber a minha morte intelectualmente, mas biologicamente é-me impossível. Não sei, não consigo explicar… A minha vida mental é confusa, sem deixar de ser clara.
Pensar no que vão pensar de mim mais tarde? — Estou a cagar para a posteridade, não me interessa! Que é que isso quer dizer? Dê por onde der, a Terra um dia há-de arrefecer e tudo morrerá, Beethoven e Van Gogh.

A Morte deve ser uma mulher extraordinária. Pega-nos na mão e nós temos de a seguir. É esse rumo desconhecido que me fascina e que faz com que não tenha medo da morte.


Ne chantez pas la mort (Jean-Roger Caussimon e Léo Ferré)

Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
Les gens du "show-business" vous prédiront le "bide"
C'est un sujet tabou... Pour poète maudit
La Mort! La Mort!

Je la chante et, dès lors, miracle des voyelles
Il semble que la Mort est la sœur de l'amour
La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
La Mort! La Mort!

La mienne n'aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul, dans la main une faux
Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu'il faut
La Mort! La Mort!

De grands yeux d'océan, une voix d'ingénue
Un sourire d'enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
La Mort! La Mort!

"Requiem" de Mozart et non "Danse Macabre"
(Pauvre valse musette au musée de Saint-Saëns !)
La Mort c'est la beauté, c'est l'éclair vif du sabre
C'est le doux penthotal de l'esprit et des sens
La Mort! La Mort!

Et n'allez pas confondre et l'effet et la cause
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l'ivoire des dents
La Mort! La Mort!

Elle est Euthanasie, la suprême infirmière
Elle survient, à temps, pour arrêter ce jeu
Près du soldat blessé dans la boue des rizières
Chez le vieillard glacé dans la chambre sans feu
La Mort! La Mort!
Le Temps, c'est le tic-tac monstrueux de la montre
La Mort, c'est l'infini dans son éternité
Mais qu'advient-il de ceux qui vont à sa rencontre ?
Comme on gagne sa vie, nous faut-il mériter
La Mort! La Mort!

La Mort ?...


Léo Ferré

Texto 6 (Léo Ferré)

É possível que nada exista, que ninguém exista; talvez só eu exista neste momento e que tudo o que vejo só exista em função de mim.
Mas, inversamente, pode ser que eu não exista e que sejas tu quem existe… quem existiu sempre!


Tu ne dis jamais rien (Léo Ferré)

Je vois le monde un peu comme on voit l'incroyable
L'incroyable c'est ça c'est ce qu'on ne voit pas
Des fleurs dans des crayons Debussy sur le sable
A Saint-Aubin-sur-Mer que je ne connais pas
Les filles dans du fer au fond de l'habitude
Et des mineurs creusant dans leur ventre tout chaud
Des soutiens-gorge aux chats des patrons dans le Sud
A marner pour les ouvriers de chez Renault
Moi je vis donc ailleurs dans la dimension quatre
Avec la Bande dessinée chez mc 2
Je suis Demain je suis le chêne et je suis l'âtre
Viens chez moi mon amour viens chez moi y'a du feu
Je vole pour la peau sur l'aire des misères
Je suis un vieux Boeing de l'an quatre-vingt-neuf
Je pars la fleur aux dents pour la dernière guerre
Ma machine à écrire a un complet tout neuf
Je vois la stéréo dans l'oeil d'une petite
Des pianos sur des ventres de fille à Paris
Un chimpanzé glacé qui chante ma musique
Avec moi doucement et toi tu n'as rien dit

Tu ne dis jamais rien tu ne dis jamais rien
Tu pleures quelquefois comme pleurent les bêtes
Sans savoir le pourquoi et qui ne disent rien
Comme toi, l'oeil ailleurs, à me faire la fête

Dans ton ventre désert je vois des multitudes
Je suis Demain C'est Toi mon demain de ma vie
Je vois des fiancés perdus qui se dénudent
Au velours de ta voix qui passe sur la nuit
Je vois des odeurs tièdes sur des pavés de songe
A Paris quand je suis allongé dans son lit
A voir passer sur moi des filles et des éponges
Qui sanglotent du suc de l'âge de folie
Moi je vis donc ailleurs dans la dimension ixe
Avec la bande dessinée chez un ami
Je suis Jamais je suis Toujours et je suis l'Ixe
De la formule de l'amour et de l'ennui
Je vois des tramways bleus sur des rails d'enfants tristes
Des paravents chinois devant le vent du nord
Des objets sans objet des fenêtres d'artistes
D'où sortent le soleil le génie et la mort
Attends, je vois tout près une étoile orpheline
Qui vient dans ta maison pour te parler de moi
Je la connais depuis longtemps c'est ma voisine
Mais sa lumière est illusoire comme moi

Et tu ne me dis rien tu ne dis jamais rien
Mais tu luis dans mon coeur comme luit cette étoile
Avec ses feux perdus dans des lointains chemins
Tu ne dis jamais rien comme font les étoiles


A poesia não se faz com panfletos. Faz-se com as goelas bem abertas e com os verbos habituais, de preferência activos.


Música:

Genérico
Davy Spillane (abertura e fecho), Beatles (Fecho)

Fundos
Vangelis Papathanasiou

Ligações
Léo Ferré

Textos:
José-António Moreira (O tempo), Léo Ferré

Edição e voz:
José-António Moreira


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And in the end

the love you'll take

is equal to the love you make

© José-António Moreira 2012